Lettre N°43 – 18 juin 2026
Aidez-nous à publier un livre d’enfant sur le carbone
Nous partageons dans ce message un projet qui nous tient à cœur : sensibiliser les non-spécialistes du carbone (l’essentiel de l’humanité) à l’intérêt de compter le carbone comme l’argent en s’appuyant sur un livre d’enfant illustré. Offrir ou lire le livre à un enfant sensibilise l’enfant ET l’adulte, enseignant et parent. L’adulte touche du doigt la simplicité de la solution et sa propre responsabilité climatique.
Le livre devrait sortir pour Noël, à lire aux 4-6 ans ou à offrir aux plus grands. Le titre envisagé est Le jour où les parents ont appris à bien compter et le texte envisagé est sous ce message (une seconde partie du livre répondra dans un langage d’enfant à des questions possibles de l’enfant). Il se termine bien (ce qui est rare pour les livres d’enfants sur ce thème) et valorise à la fois les enfants et les adultes.
C’est un projet ambitieux pour lequel nous avons besoin de votre aide aux différentes étapes.
– Nous allons consulter des dessinateurs et dessinatrices, des éditeurs, peut-être en connaissez-vous intéressés par le projet ?
– Nous allons solliciter des institutions (entreprises, fondations) désireuses d’offrir un cadeau à des partenaires et qui pourraient précommander des exemplaires, peut-être en connaissez-vous ?
– Vous-mêmes pourriez peut-être fédérer des précommandes lorsqu’on les sollicitera, à l’automne ?
Bien sûr, vos remarques et conseils sur le texte et son titre sont aussi les bienvenus (par retour mail) ! Merci de votre aide, et à bientôt pour le compte à rebours du « Jour où les parents ont appris à bien compter » !
Les bénévoles de Carbones sur factures
Le jour où les parents ont appris à bien compter
Il était une fois sur Terre des enfants qui se posaient des questions. Les enfants posent beaucoup de questions.
Ils se demandaient pourquoi il faisait de plus en plus chaud ? Pourquoi, de temps en temps, il faisait très froid aussi ? Pourquoi il pleuvait trop et puis pourquoi ensuite il ne pleuvait plus du tout ?
Ils décidèrent d’interroger leurs amies les plantes, parce que les enfants parlent aux plantes. Voilà ce qu’elles leur ont répondu : « C’est dur pour nous. Un jour, nous sommes noyées sous l’eau. Puis nous n’avons plus rien à boire pendant des mois. Le soleil nous grille de plus en plus. » « Mais pourquoi ? » ont demandé les enfants. « Allez demander au Climat. Regardez, il est assis là-bas sous cet arbre. C’est de sa faute parce qu’il décide de tout, la pluie et le beau temps !»
Les enfants virent sous l’arbre un monsieur qui avait l’air gentil mais terriblement fatigué. « Monsieur Climat, a demandé la plus courageuse, pourquoi fais-tu du mal aux plantes ? » « Je n’y peux rien les enfants. Les plantes ont raison, c’est moi qui fais la pluie et le beau temps et, depuis un moment, je fais tout de travers. C’est que je suis bien malade… ».
« Qu’est-ce qui te rend malade, Climat ? » demanda un petit garçon curieux. « Le carbone dans l’air me fait du mal. Il y en a trop dans l’air avec tout ce que produisent les hommes. Il ne vous fait rien mais moi, il m’empoisonne. Autrefois, les hommes n’envoyaient pas autant de carbone dans l’air. Mais aujourd’hui, c’est devenu invivable pour moi. J’étouffe ! » « Mais tu vas guérir, Climat ? demandèrent les enfants, inquiets. » « Rassurez-vous, il y a un remède : je guérirai quand on ne m’enverra plus de carbone… ».
De retour chez eux, les enfants étaient pressés de parler à leurs parents de ce mystérieux carbone. Leurs parents parlaient justement entre eux de Climat et de sa maladie. « Est-ce que vous savez que vous envoyez du carbone dans l’air ? » demandèrent les enfants. « Oui, répondirent les parents. Chaque fois que nous produisons quelque chose, cela envoie du carbone dans l’air : parfois un peu, parfois beaucoup, on ne sait pas trop ». « Mais vous pourriez en envoyer moins ? ». « Sûrement, dirent les parents, mais c’est compliqué ».
Seuls entre eux, les enfants se posèrent encore des questions : « Les parents n’ont pas l’air très sûrs de pouvoir envoyer moins de carbone dans l’air. » « Peut-être qu’ils pensent qu’un magicien viendra guérir Climat » suggéra un garçon qui aimait beaucoup les magiciens. « Mais non, trancha un grand, les adultes ne croient pas aux magiciens ! ». « Pourtant, ils sont malins nos parents, glissa une petite fille, ils inventent de nouveaux produits tous les jours ». « C’est quand même dommage que leurs inventions envoient du carbone… ».
Et c’est pendant cette conversation que naquit l’idée simple qui allait tout changer. Tellement simple qu’elle a longtemps été difficile à comprendre par les adultes. Les enfants l’ont présentée ainsi à leurs parents : « Vous comptez très bien votre argent. Et si vous appreniez à compter aussi bien le carbone envoyé dans l’air ? Vous sauriez d’avance combien vos inventions ajoutent ou retirent de carbone ».
C’était une bonne idée ! Dès qu’ils eurent appris à compter le carbone comme l’argent, les parents ont été bien plus malins. Ils disaient : « Bonjour monsieur le boulanger, donnez-moi le pain que vous produisez avec le moins de carbone ! Bonjour madame la banquière, je vous confie mon argent pour qu’il aide à produire moins de carbone ! ». Les hommes ont produit mieux et envoyé moins de carbone dans l’air.
Les enfants coururent interroger Climat. « Climat, nos parents comptent bien le carbone ! Est-ce que tu vas mieux ? » « Non les enfants, je vous l’ai dit : je guérirai quand on ne m’enverra plus de carbone. » « Plus du tout ? » « Plus du tout, zéro carbone ».
Les enfants interrogèrent à nouveau leurs parents : « Est-ce que vous pourriez ne plus envoyer du tout de carbone dans l’air ? » « Plus du tout ? » « zéro carbone ! » Les parents restèrent silencieux. L’un d’eux finit par dire : « Zéro, ce n’est pas possible. Il faut bien produire des habits, des maisons… ».
Les enfants étaient très déçus. Ils revinrent voir les plantes : « Nos parents ne savent pas envoyer zéro carbone, Climat ne va jamais guérir, aidez-nous ! » Un vieux chêne prit la parole : « Bravo les enfants. Grâce à vous, vos parents sont plus malins. Mais ils ne sont pas encore assez malins. Ils n’ont pas compris qu’ils ont besoin de nous pour que Climat ait zéro carbone : il faut faire équipe, les hommes et les plantes. Le carbone rend Climat malade, mais nous les plantes sur la terre et dans les océans, il nous nourrit. Si les hommes nous aident à être plus fortes et plus nombreuses nous mangerons plus de carbone. Est-ce qu’ils comptent bien ce carbone ? Jouons en équipe et Climat aura son zéro carbone ! ».
De retour à la maison, les enfants ont à nouveau interrogé leurs parents : « Vous êtes sûrs que vous comptez bien tout le carbone ? ». « Oui, nous comptons tout ». « Mais si vous aidez les plantes, les plantes mangeront plus de carbone : est-ce que vous comptez ce coup de main ? ». « Ah non… reconnurent les parents : ce carbone-là, on ne le compte pas bien. Mais on va le faire ! ». A partir de ce jour, ils ont vraiment TOUT compté.
Les adultes ont continué à réduire le carbone qu’ils produisaient et ils ont commencé à aider les plantes. Les plantes ont mangé plus de carbone. Le carbone envoyé par l’équipe a baissé, baissé, et un jour Climat a eu son zéro carbone. Il a commencé à guérir ! Le soleil est devenu moins brulant. La pluie est tombée doucement, régulièrement. Les plantes ont repris leurs forces…
Alors, les enfants ont été très fiers de leurs parents : ils avaient enfin appris à compter ce qui était important ! Les parents ont été encore plus fiers de leurs enfants. Ils ont décidé de leur apprendre à compter tout de suite à la fois en argent et en carbone. Parce que c’est bien plus facile de prendre de bonnes habitudes quand on est enfant !
Cette histoire finit bien et elle commence maintenant : c’est peut-être toi qui donneras à tes parents l’idée de compter le carbone aussi bien que l’argent et de prendre soin des plantes ! Pour construire ensemble un monde accueillant pour tous les enfants à venir : les enfants des humains, les enfants des animaux et les enfants des plantes.
