Le déséquilibre des carbones résume les grands déséquilibres environnementaux

 

Décarboner soigne ces déséquilibres

 

 

 

 

 

 

L’équilibre des carbones est la cause et la conséquence de trois séries d’équilibres complexes

– Celui du climat,

– Celui du cycle de l’eau, et des roches qui sont impactées par le ruissellement de l’eau et piègent aussi du carbone,

– Celui des contributions en carbones de toutes les espèces vivantes : l’espèce humaine, les espèces dites domestiquées (animales ou végétales), et les autres, y compris leur décomposition et leurs fossiles qui piègent ou rejettent du carbone.

Dès que les espèces non domestiquées n’ont plus été capables de capturer les émissions d’origine humaine, les carbones ont commencé à s’accumuler dans l’atmosphère, et les équilibres complexes sont devenus des déséquilibres complexes : chaque dérapage dans un domaine provoquant des dérapages dans les trois autres et un stress croissant pour les espèces vivantes.

Longtemps, les émissions de carbones de l’espèce humaine (essentiellement la combustion des carbones fossiles) et celles des espèces domestiquées (essentiellement l’élevage) n’ont pas modifié l’équilibre global : les espèces non domestiquées (arbres, plancton, bactéries…) capturaient facilement les carbones en trop (elles représentent plus de 999 pour mille du poids du vivant sur terre). 

On a continué de voir les espèces non domestiquées comme un facteur partiel de décarbonation qui donnait gratuitement un coup de main. Quand il y avait 100 carbones de plus dans l’atmosphère, les espèces non domestiquées en capturaient 60, puis 40, puis 25.

Aujourd’hui, la violence du stress subi par les espèces non domestiquées menace d’inverser leur contribution : par exemple, le stress des arbres leur fait émettre des carbones au lieu d’en capturer.

Une décarbonation efficace doit adopter le point de vue de toutes les espèces vivantes, pour mesurer et anticiper finement leur stress et leur contribution à l’équilibre des carbones.

Suivre les performances de décarbonation, à condition de suivre celles des espèces vivantes non humaines à côté de celles des humains, permet de suivre les principaux problèmes environnementaux : la souffrance des espèces vivantes dégrade en effet leur performance de décarbonation naturelle.

La décarbonation est liée à 7 des 9 limites planétaires suivies par différents scientifiques :

               -Le déséquilibre climatique est lié directement à la décarbonation.

               -Le déséquilibre de l’eau a pour première cause le dérèglement du climat (gérer la pénurie d’eau est indispensable mais n’adresse pas la cause).

               -L’érosion de la biodiversité a pour première cause la souffrance du vivant déclenchée notamment par le déséquilibre climatique et de l’eau.

               -D’autres limites déclenchent aussi directement la souffrance des espèces vivantes présentes dans le sol ou dans l’eau : la concentration de l’azote dans le sol et du phosphore dans l’eau, l’acidification des océans, les changements d’utilisation des sols, la pollution chimique (sauf pour des produits qui ne nuiraient qu’à l’homme et qui sont alors d’abord des problèmes de santé publique).

               -En revanche, l’appauvrissement de la couche d’ozone et l’augmentation des aérosols dans l’atmosphère, avec des Composés Organiques Volatiles qui peuvent être dangereux pour la santé, ne sont pas liés à la décarbonation.