Plan d’étiquetage climatique
L’étiquetage climatique est une opportunité pour les pouvoirs publics, responsables sur leur territoire du chantier de la réduction de l’émission de carbone, puisque la concurrence climatique fait avancer le chantier ‘tout seul’.
L’étiquetage climatique rassure les particuliers serrés sur leur budget, en évitant de trop compter sur la taxation carbone. Il rassure les salariés en évitant de trop compter sur les réductions de coûts (les salaires comptent pour zéro dans le contenu en carbone des produits). Il rassure les plus jeunes, en donnant dès aujourd’hui une valeur aux efforts climatiques pour demain. Il rassure producteurs et financiers avec une règle du jeu simple pour une marge durable.
Un plan ambitieux d’étiquetage climatique des produits et des financements,
– ne coûterait pratiquement rien aux pouvoirs publics français
– avantagerait notre pays, en rayonnement et en compétitivité.
L’étiquetage climatique permet aussi aux pouvoirs publics d’accélérer le chantier de façon démocratique, car la concurrence climatique n’assurera pas seule une date acceptable de fin de chantier, avant 2075.
L’étiquetage climatique permet en effet de débattre collectivement des trajectoires de baisse du contenu en carbone et des correctifs en cas de dérapage : que ce soit du contenu moyen de la consommation par habitant de nourriture ou de loisir, ou du contenu moyen d’une tonne d’acier, d’une calorie alimentaire, d’une voiture, d’un téléphone portable…
L’étiquetage rend aussi les correctifs plus consensuels. Il permet d’appliquer aux contenus en dérapage un plafond décroissant comme celui qui encadre l’émission de particules des voitures : fixer par exemple qu’un smartphone neuf vendu en Europe dans cinq ans n’excédera pas 150 kg de CO2e et 100 kg dans dix ans. Il ouvre surtout un levier simple, extrêmement efficace et peu contraignant : la réduction progressive des financements étiquetés en perte carbone et donc toxiques.
Démarrer en France renforcerait notre territoire. L’étiquetage climatique aura ses précurseurs, comme toute innovation. Il peut être déclenché en France, convaincre l’Europe à travers un barème carbone douanier commun et créer pour les autres pays une pression concurrentielle et un modèle à imiter : pour leurs pouvoirs publics, leurs entreprises et surtout pour leurs opinions, préoccupées par la dégradation du climat. La France, précurseure du système métrique, a tout intérêt à être précurseure de l’étiquetage climatique pour en tirer rayonnement et compétitivité durable.
Pourquoi une date de fin de chantier en 2075 ?
La date de 2050 fixée en 2015 par l’Accord de Paris n’est malheureusement déjà plus tenable. 2075 est postérieur à la plupart des cibles nationales, ce qui est nécessaire puisqu’on vise le zéro mondial. Enfin, même si les scientifiques ne parlent jamais de date butoir, le GIEC indique que les scénarios dépassant 2100 présentent des risques extrêmes, du fait de ‘boucles de rétroaction’ dites ‘positives’ (et qui sont plutôt des cercles vicieux d’accélération). Les puits naturels qui absorbent une partie de l’émission (forêts, océans) s’éroderont, absorberont moins ce qui les érodera davantage. Les hommes, leurs cultures et leurs machines souffriront et leur adaptation (qui ira de l’air conditionné aux migrations climatiques) rajoutera du carbone qui aggravera les souffrances.
