La concurrence environnementale est dans l’intérêt des pouvoirs publics

Elle les aide à construire les compromis locaux et mondiaux

pour rééquilibrer à temps le climat et la biodiversité

La menace des gaz à effet de serre (GES) de l’atmosphère est plus complexe qu’on ne la décrit parfois : parce que le poids de l’activité humaine sur le déséquilibre du climat et de la biodiversité est double, à travers les émissions de GES et à travers l’impact sur la capture naturelle (surexploitation, empoisonnement…) ; et parce que le temps joue contre l’humanité : le dérèglement climatique fragilise le vivant naturel et sa capture et l’humanité l’aggrave en boucle pour s’en protéger. L’humanité doit, sans tarder, parvenir à une économie ZEN (‘Zéro Emission Nette’ vers l’atmosphère) assise sur des produits ZEN : une émission négligeable et un impact négligeable sur la capture naturelle.

Comment tirer toutes les décisions économiques vers des produits plus ZEN ?

La concurrence environnementale tire toutes les décisions économiques, et donc l’économie, vers le ZEN : sans contrainte, simplement en informant le client de l’impact ZEN de sa décision.

– Son volet commercial se déclenche dès que les entreprises transmettent au client l’impact ZEN commercial du bien ou service proposé : on peut l’appeler son contenu en émission et on sait désormais le compter de façon simple et fiable (méthode cumulative comptable).

– Son volet financier (l’objet de cette présentation) se déclenche dès que les entreprises et établissements financiers transmettent au financeur l’impact ZEN financier du produit financier proposé : un impact sur les biens et services futurs qu’on peut appeler sa rentabilité en émission et qu’on peut compter (également à partir d’une approche cumulative comptable).

– Le troisième comptage à déployer, l’impact ZEN naturel, ajoute aux deux précédents l’impact du produit sur la capture naturelle.

 

La concurrence environnementale, c’est la transmission au client de l’impact ZEN de chaque offre d’un bien ou service et de chaque offre d’un produit financier. L’information fait librement acheter ou financer l’offre la plus ZEN, à service et argent équivalents.  Les pratiques de production et les investissements les plus ZEN deviennent plus rentables en argent et mieux financés : la demande tire l’offre et l’innovation. La concurrence environnementale tire l’économie vers le Zéro Emission Nette, sans contrainte.

Sait-on compter l’impact ZEN des biens, services et produits financiers ?

On sait désormais compter facilement et de façon comparable et auditable l’impact ZEN d’un bien ou service, son contenu en émission (ou empreinte carbone) : toutes les émissions qui ont été nécessaires à sa production. La nouvelle méthode s’appuie sur des standards universels : Comptages scientifiques de GES (Inventaires nationaux et protocoles de comptage des Nations Unies), volumes des comptes en argent, principes comptables.

 rendre les bonnes décisions économiques ? La réponse est plus simple qu’on ne pourrait le craindre si on s’appuie sur la libre concurrence environnementale et ses deux indicateurs. Elle repose sur une boucle positive à enclencher.

– Les offres des entreprises, des banques… transmettent deux indicateurs ZEN : avec les offres de produits réels, biens ou services, leur contenu en Emission Nette; avec les offres de produits financiers, leur rentabilité en Emission Nette : le gain de contenu en Emission Nette attendu des investissements de production financés par le produit.

– Les particuliers pour leur consommation et leur épargne, les villes… choisissent l’offre la plus compétitive en Emission Nette, à service et argent équivalent pour eux.

– Les pratiques de production les plus efficaces en Emission Nette deviennent alors rentables en argent : la concurrence environnementale tire l’économie, sans contrainte, vers le Zéro Emission Nette.

 C’est une immense opportunité qui demande trois choses aux pouvoirs publics.

1. Déployer la concurrence environnementale sur leur territoire

Ils sécurisent ainsi (en les rendant ZEN) produits et productions du territoire.

– C’est possible immédiatement pour les produits : le comptage de leur contenu en émission étant désormais facile[1], il faut inciter les entreprises à le transmettre, assister les TPME puis obliger les grandes entreprises. Il faut aussi préparer le comptage du contenu des produits en capture naturelle perdue : la France peut être précurseur en s’appuyant sur ses scientifiques et ses comptables nationaux. Les comptes nationaux carbone deviennent en effet un outil central de l’appareil statistique économique, complémentaire des comptes nationaux en argent qui ont guidé les pouvoirs publics depuis 1945.

– C’est moins avancé mais testable immédiatement pour les financements[2]avec des établissements financiers précurseurs.

 

[1] Avec l’approche comptable cumulative, voir la présentation Produit réel  

[2] Avec la même approche cumulative, voir la présentation Produit financier

2. Appuyer leurs politiques sur les indicateurs ZEN

Ils assurent ainsi une action environnementale rassurante[3] et évitent des dérapages de la consommation en Emission Nette.

On peut sommairement décrire l’avantage pour plusieurs politiques :

– Le critère du Contenu en Emission Nette dans la politique d’achats publics[4] déclenchera la concurrence environnementale sur les produits réels et donnera, pour la même dépense publique, plus de gain en Emission Nette, de souveraineté nationale (par baisse des hydrocarbures) et de santé (par empoisonnement évité)

– Le critère de la Rentabilité en Emission Nette dans la politique financière (règles prudentielles, sélection des actifs des placements aidés ou garantis) déclenchera la concurrence environnementale sur les produits financiers, avantagera l’épargne rentable en Emission Nette et freinera les financements toxiques.

– Les critères de Contenu et de Rentabilité en Emission Nette dans la politique d’assurance justifieront une assurance environnementale rassurante face à l’inégalité géographique des risques et nécessaire pour de bonnes pratiques de prévention

L’approche par la concurrence environnementale peut améliorer aussi les autres politiques publiques : agriculture, assurance, logement, R&D… Elle assure une cohérence d’ensemble à l’action publique nationale. La même approche est nécessaire à l’international.

 

[3] C’est la première légitimité de l’action publique : partout, le risque climatique est identifié comme le risque futur n°1 par les opinions comme par les experts (Axa annual risks report, 2025)

[4] Voir l’action Label Transmission

3. Déployer à l’international la concurrence environnementale et une assurance environnementale universelle

Construire l’économie Zéro Emission Nette sera un succès (ou un échec) collectif : il faudra pouvoir contraindre ceux qui refusent de ‘jouer le jeu’ et aider ceux qui n’en ont pas les moyens.

– Déployer mondialement la concurrence environnementale est d’intérêt collectif. Elle pénalise les pays qui ne jouent pas le jeu qui voient leurs exportations de produits toxiques en Emission Nette freinées. Elle aide les pays pauvres en retard vers le ZEN : ils accèdent à des financements étrangers attirés par la rentabilité en Emission Nette.

– Une assurance environnementale universelle est aussi d’intérêt collectif. Les mêmes raisons s’appliquent qu’au niveau national (inégalité géographique des risques et prévention à optimiser) : la mutualisation des risques doit s’étendre à la planète.

Enfin, un chantier mondial exige un suivi annuel mondial des indicateurs ZEN (pour que les opinions réagissent aux succès et aux échecs collectifs) et un consensus scientifique et économique sur la date limite prudente de fin de chantier[5].

 

 

[5] 2100 ? Voir la présentation Trajectoire ZEN en préparation