Comment une entreprise compte et transmet le contenu en émission de ses produits

La comptabilité carbone s’est réinventée

Des principes pour compter le contenu d’un produit en émission de gaz à effet de serre (GES) ont été mis au point, assis sur les comptes en argent des entreprises*

En novembre 2025

– La coalition Carbon Measures des plus grandes entreprises mondiales** adopte l’approche

– 50 experts français appellent les pouvoirs publics à retenir cette approche du contenu en émission comme critère des achats publics (dans une tribune du journal le Monde)

Dès aujourd’hui, une entreprise (ou un cabinet d’expertise comptable, pour lui et ses clients TPE ou PME) compte facilement ce contenu en émission

*Notamment par Robert Kaplan (Harvard ), Karthik Ramanna (Oxford), Ulf von Kalckreuth (Bundesbank), le cercle Comptabilité carbone des Shifters, Carbones sur factures … Méthode dite par Ulf von Kalckreuth ‘cumulative’

**Air Liquide, Blackrock, Santander, BASF, EY, EXXON …)

Deux principes pour compter le contenu en émission du produit

1- L’entreprise transmet avec chaque produit vendu sa meilleure estimation du contenu en émission qui a été nécessaire

L’estimation repose sur :

le contenu en émission de la production de la dernière année clôturée, divisé par la quantité vendue

Elle vise l’équilibre dans le temps :  émission de la production = émission transmise avec les ventes

2- Le contenu en émission de la production additionne deux choses,

Le contenu des achats de l’exercice, obtenu du fournisseur par transmission de son estimation (selon ces mêmes principes) ou sinon de contenus unitaires de référence (ADEME et INSEE en France) multipliés par la quantité facturée par le fournisseur

L’émission directe de GES par l’entreprise : la combustion est déjà comptée avec les achats de combustible, l’émission d’autres réactions chimiques* provoquées par l’entreprise (ou ses captures d’émission) sont à évaluer selon un protocole approuvé**

  *Productions agricoles (élevage) ou industrielles (ciment, acier, chimie…)

   **Bilan Carbone ou GHG protocol en France

Exemple de comptage par l’entreprise du contenu en émission de ses produits

L’entreprise facture dans l’année 1000 heures de comptabilité à 60€ (60.000€ de CA)

Elle estime (on verra comment) le contenu en émission de sa production annuelle à 2,5 tonnes d’éq.CO2

Elle peut facturer ses ventes :

– en heures : le contenu en émission par heure facturée est 2,5kg (2500kg divisé par 1000h)

– en euros : le contenu en émission par euro facturé est 42 g par euro (2500kg divisé par 60.000€)

Deux contenus unitaires en émission, mais le même contenu total en émission transmis dans les deux cas

– par exemple pour 10h facturées 600€, le total sera toujours 25 kg d’éq.CO2

Contenu en émission et compétitivité en émission

L’écart de contenu unitaire en émission avec la concurrence indique la compétitivité en émission de l’entreprise

– Plus léger que la concurrence* , c’est un potentiel de gain en argent, à prix et qualité équivalents

– Plus lourd, c’est un potentiel de perte : moins de vente ou à un prix moins rémunérateur

(à pondérer par la sensibilité des clients au contenu en émission, a priori croissante avec l’accélération des dommages climatiques)

*La performance moyenne de la concurrence peut être trouvée sur les bases de contenus unitaires de référence (déjà citées : ADEME et INSEE en France)

Affinement du contenu unitaire en émission par les comptes analytiques

L’entreprise peut tenir des comptes analytiques pour affiner ses prix de revient par produit/activité

Ils lui servent alors à affiner ses contenus unitaires en émission :

Au lieu de la division Contenu en émission de la production / Ventes pour la production totale

Elle le fait pour chaque produit suivi en analytique*

Exemple : Les heures de comptabilité vendues par l’entreprise sont a) dans ses bureaux ou b) dans ceux du client, avec des frais de déplacement suivis et facturés séparément au km

1.Elle compte séparément le contenu en émission des achats liés aux déplacements

2.Elle le divise par le nombre de km de déplacements

3.Le contenu en émission au km alimente cette ligne de facturation

*Une entreprise comme BASF facture analytiquement depuis 10 ans 15.000 références produit en argent (leur prix) ET en émission (leur contenu)

L’intérêt pour l’entreprise de cette bonne pratique de comptage-transmission

1- Une charge limitée :

– Des données d’entrée gratuites

– Deux heures par an d’estimation pour une petite entreprise (voir l’application pratique)

2– Des données pour travailler sa compétitivité en émission (son plan de transition)

3- La démonstration au client que l’entreprise suit sa compétitivité  en émission

Exemple de transmission au client du contenu en émission

C’est l’émission de gaz à effet de serre nécessaire à la prestation facturée, estimée de façon rigoureuse et comparable (comptabilité carbone cumulative).

Nous participons à la bonne pratique Label Transmission en transmettant le contenu à nos clients et en le réduisant dès que c’est économiquement possible (labeltransmission.org)