La concurrence environnementale,

quel intérêt pour les particuliers ?

On observe un consensus universel sur la menace climatique mais pas encore sur la réponse

Partout dans le monde, le risque climatique est identifié comme le risque futur n°1 à la fois par les opinions et par les experts (Axa risks report).

Partout désormais les scientifiques savent compter les émissions de gaz à effet de serre (GES). Ils rappellent sans cesse que le temps joue contre l’humanité et ils s’accordent sur l’objectif : une économie dégageant Zero Emission Nette de GES ou ‘ZEN’ dont toutes les productions seront ZEN c’est-à-dire avec un impact négligeable à la fois sur les émissions de GES et sur la capture du vivant naturel.

Mais partout aussi les réponses à ce jour des pouvoirs publics (en première ligne sur tous les grands risques collectifs) suscitent doute, pessimisme voire découragement.

La concurrence environnementale permet un consensus mobilisateur sur la réponse

Sa méthode est de donner à chaque acteur l’impact de chacune de ses décisions économiques sur la construction d’une économie ZEN, grâce à un comptage des émissions et des captures dérivé de la façon dont on compte l’argent (une approche dite cumulative et comptable décrite ICI).

La concurrence environnementale apporte aux particuliers un levier d’action simple et libre dans tous les différents compartiments de leur vie : économiques, comme consommateur, épargnant, travailleur ; et politiques comme citoyen. Elle rend les contraintes collectives minimales, efficaces et légitimes.

Un levier d’action simple et libre

Le consommateur et l’épargnant obtiennent un indicateur clair et unique, l’impact ZEN : le contenu en émission d’un bien ou d’un service, la rentabilité en émission d’un produit financier. Il leur permet de décider librement de leur consommation et de leur épargne tout en pouvant classer selon l’impact ZEN les offres équivalentes en argent (le prix du bien ou du service ou le taux de rendement attendu du produit financier).

« Equivalent » aura un sens différent selon la richesse de qui choisit : une différence d’un centime sera négligeable pour l’un, inacceptable pour l’autre. Mais chaque décision influencée par le critère ZEN est un message fort qui remonte les chaines de production et de financement car entreprises et banques ont besoin d’un maximum de clients. La demande tire l’offre, elle tire aussi l’innovation et biens, services et produits financiers deviendront de plus en plus ZEN.

Sait-on compter tout l’impact ZEN ?

Oui si l’on se limite à ce qu’on compte aujourd’hui, c’est-à-dire l’impact des productions de biens et services en émission de GES (l’empreinte carbone) : la nouvelle approche du comptage donne facilement à une entreprise l’impact ZEN en émission de ses offres, donc aussi à ses clients si elle leur transmet, y compris pour une TPE. Ne manque que l’incitation à le faire. Les pouvoirs publics peuvent l’obtenir facilement en faisant de l’émission un critère de leurs propres achats.

Mais la force de la nouvelle approche de comptage est qu’elle comblera deux ‘trous noirs’ de l’information économique ZEN pourtant indispensables. Celui de la finance et des produits financiers (‘quel rendement aura mon argent pour accélérer ou retarder l’économie ZEN ?’). Et celui du vivant naturel et de ses captures, sur et sous terre et dans la mer (‘le contenu en émission de ce produit contient-il son impact sur le vivant naturel et la biodiversité ?’).

C’est donc l’ensemble de l’impact ZEN qui peut rentrer dans la concurrence environnementale.

Comment faire jouer partout le jeu de la concurrence environnementale ?

On peut s’inspirer de la façon dont les pays encouragent ou freinent les flux commerciaux quand un pays ne joue pas le jeu de la concurrence en argent par subventions ou dumping. L’Union européenne et d’autres peuvent pousser au déploiement mondial de la concurrence en pénalisant les biens, services et produits financiers étrangers se présentant aux frontières sans impact ZEN rigoureusement compté. Les mécanismes européens d’ajustement aux frontières comptent déjà l’impact ZEN en émission de quelques produits étrangers, pour les taxer. Le système peut être étendu à tous les produits, sans forcément les taxer.

La concurrence environnementale dispense-t-elle de contraintes ?

Non. Puisque le temps joue contre l’humanité, il existe une date limite pour terminer l’économie ZEN sans mettre l’humanité en danger. C’est impossible sans contraintes collectives et construire ces contraintes sur l’impact ZEN les rend minimales, efficaces et légitimes.

Dans des économies de marché comme les nôtres, ces contraintes sont justifiées contre les activités toxiques. L’impact ZEN permet de définir des produits ZEN-toxiques pour éviter de les financer et de les vendre.

Eliminer les produits financiers ZEN-toxiques

L’impact ZEN donne le niveau et le taux de rendement anticipé en émission, positif ou négatif, de chaque produit financier. On peut donc s’accorder sur un plancher de rendement négatif ou nul au-dessous duquel un produit financier sera classé ZEN-toxique ; puis utiliser la réglementation financière pour décourager l’offre de ce produit financier. C’est bien la mission des autorités financières de protéger la collectivité des grands risques financiers.

S’accorder sur la liste des biens et services ZEN-toxiques

La concurrence environnementale donne l’impact ZEN de chaque bien ou service. On peut sur ce critère s’accorder sur les produits si inefficaces qu’ils peuvent être marqués ZEN-toxiques.

La suggestion est de partir des produits satisfaisant un même grand besoin des particuliers : l’alimentation, le logement… et les loisirs, un bon exemple car le besoin de loisirs recèle le plus grand risque de dérapage de la consommation. Pour un équipement comme un smartphone personnel, on peut fixer directement le plafond sur son impact ZEN. Pour un service, on raisonnera par journée de loisir et on peut appuyer le plafond sur l’impact ZEN du service, par personne et par journée.

Le qualificatif de « toxique » s’appuie sur une mesure rigoureuse et universelle. La toxicité est avérée, faible pour le consommateur direct, forte pour les autres 8 milliards de « contaminés-passifs ». « L’empoisonnement » est évitable : physiologiquement, il n’y a pas d’addiction, seulement une habitude. Economiquement, on est sur des produits coûteux et on évite le rationnement par l’argent qui divise profondément (les ‘fin du monde’ contre les ‘fin du mois’). Le qualification (ou la menace de qualification) de toxique met donc sous pression l’innovation des producteurs et la responsabilité des consommateurs.

Une interdiction de vente de biens et services ZEN-toxiques peut se déployer avec les outils de surveillance aux frontières décrits pour le déploiement de la concurrence environnementale. Le consensus des opinions internationales sur le risque climatique limite les risques de conflits entre pays.